Pour que s’ouvre le temps

 

Pour Sarah 

 

Conques. 

Anges dont on ne sait si, comme venus de lui,
vous soutenez le ciel ou bien si vous montez
de la terre solide en pierres que l’âme a façonnées... 

Et toi, vaste forêt qui trembles sous la pluie,
vous, d’âme, de pierre et de bois,
que touchent les nuées où s’abreuve l’été
et d’autres, invisibles et juste pressenties,
qui traversez le temps pour n’être que présence,
mouvante, respirante, sans halte ni même fièvre,
enseignez le cœur inquiet rebelle à se confier,
 à votre pas, à votre chant, enseignez-lui
patience et espérance, prenez-le dans vos mains
pour qu’enfin tout amour appartienne à l’amour
et soit douceur et paix et secret partagé. 

 

Mère. 

I. 

Peu le savent, car jamais tu ne veux peser
et caches même aux très proches ce qui vient te meurtrir ;
mais voilà, que ton enfant soit blessée,
battue par le désastre ou le rêve d’un trône
tout aussi destructeur,
et te voici, alors, dans le buisson d’épines,
toi qui aimes marcher, droite, un peu farouche,
penser en épousant le sillage du souffle
et lancer ton rire en avant de ta vie. 

Ah, que la douceur qui est arbre de vie
et que tu m’as apprise,
que la force d’un grand tilleul
au soir comme au matin t’abrite et te conforte
et ses fleurs te soient une tendre couronne
pour apaiser ta peine.

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