Espaces de l’existence

et autres poèmes. (1959-1971.) 

 

Espaces de l’existence. 

Chaque jour 

Chaque jour dans les abîmes du mal
le monde trouve un bien inconnu. 

 

Nuit 

Et tout fut affreusement silencieux
quand elle se plongea dans le long sommeil ;
elle tourna légèrement la tête et ne bougea plus.
Tout fut immobile. 

 

Invocation 

Un instant, un seul instant,
ou le miracle ou la grâce ;
un instant seulement de puissance
ô Seigneur. 

 

Désir 

Dormir enlacés à la nuit
maîtres du silence et du sommeil
dans une belle pauvreté
et le ciel profond aux confins du songe. 

 

Aucune aube n’égala 

Aucune aube n’égala jamais
celle à la fenêtre de la maison :
elle noyait les peurs de la nuit
brillait chargée de présages
saluait la mère matinale
serrait la pauvreté dans le sein
resplendissant de la jeune lumière. 

 

Astres dans la nuit 

Calme
effroi
des astres,
yeux de la nuit
fidèles au sort inconnu. 

 

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