Le témoignage des saisons

« Rien n’est moins vain que d’observer la disparition et
le retour des signes, l’année égale et diverse en ses saisons. »

Virgile, Les Géorgiques, Premier Chant,
traduction de Maurice Chappaz et Eric Genevay

I.

Écoute les saccades du Salut !
Ce grand trépignement dans la coulisse du Théâtre,
Et bientôt les trois coups qui vont ralentissant,
Ces trois coups qui suspendent le temps :
Je vois, entière et neuve, la Nature.

 

J’écris depuis un asile,
Car le retrait du monde est salutaire à l’Art.
Ceux qui prétendent le contraire sont de tristes menteurs !
Et ils sont légion.
J’écris depuis
Cet asile niché dans le coude du Rhône,
Je suis dans les hauteurs.
Et je ne suis qu’un homme au-dessus de la brume…

 

La voilà, matinale,
Qui monte de la plaine,
Qui envahit l’espace.
Alors la solitude s’accentue.
Et la communion s’accentue.
C’est quand on ne voit plus rien d’humain,
Seulement cela d’indéterminé,
De blanc et gris,
Qui existe
Et chuchote à l’oreille de l’âme…

 

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