Altitudes (IX)

Prairie alpine.

Fin de printemps, été, une odeur riche se répand sur la montagne. Épaisse, trèfles mêlés à l’infini des plantes, elle remplit l’herbage d’un parfum qu’on ne trouve que dans les hauteurs : avant d’atteindre la Jonction, sur la Crête des Gittes, dans les reliefs qu’on a traversés quand on descendra vers le glacier du Tour, en dessous des Lacs Noirs, sous une arête...

Odeur pénétrante, elle flotte, se diffuse. Non comme l’odeur finement sucrée d’une rose, le parfum subtil qui s’évanouit. Mais forte comme les passages du vent, elle m’enveloppe, je la hume.

Comment décrire, comment évoquer une odeur ? Les parfumeurs de Grasse trouvent des notes de citron vert, mélange d’ambre et de lavande, nuances boisées... Commerce qui a ses raisons. Rien ne lui ressemble au-dessus des 2000. Aérienne, sans faille comme l’air invisible, de quelles fleurs s’élève-t-elle? Là volent les oiseaux de l’Alpe, traîne le bouquetin, fuit et se cache le chamois ; les bêtes ont des égards pour la fleuraison.

 

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