L’exil intérieur

à Christophe Carraud. 


LES VOIX auxquelles nous accordons crédit, et foi, ne portent plus, ne surpassent plus la rumeur. Autour de nous, l’espace humain s’est crevassé d’absence. L’échange, s’il subsiste, se poursuit au-delà des vitres et des fossés, sans le moindre regard. 

Le goût de la conférence a faibli. Nous n’avons pas failli. Pourtant, parce que désemparés, nous en sommes venus à nous retirer sous la tente de l’espérance et de la beauté.

Les fleurs et les fruits que nous offrons ne trouvent plus preneurs en ce temps de guerre et d’exode. Et voici ce que tu m’écris : c’est là « ce qu’on pourrait appeler l’exil intérieur ». 

Deux pouces qui tricotent l’invisible ont pouvoir de métamorphoser la terre entière en pixels à la vitesse de l’éclair ! 

Le printemps serait-il virtuel ? Dans la cour de l’école, où murmurent les marronniers, je ne vois que servants branchés sur le reflet d’eux-mêmes. 

 

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