Invocation et autres poèmes

Pierres de mon Carso.

Le temps s’efface, glisse
vers la mort.
Emporté par le courant,
j’entends déjà le bruit de la cascade
tombant au néant.
Je voudrais tenir, m’agripper à quelque chose
de solide, de réel,
pas au fétu de l’idée :
à ce chêne, si végétal,
(qu’il m’apprenne à durer !)
serrant ses feuilles sur les branches,
manteau pour toute la saison
dans l’attente des bourgeons éclatant au printemps ;
au genévrier, mon ami de cœur,
défiant le gel et la bise, 
qui se dresse aigu et sec
mais toujours vert
près du muret où je m’appuie
en regardant la mer
écumer aux rivages
et se découper sur le bleu du ciel
le village lointain

 

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