IMAGES DE JOHN KEATS (EXTRAITS, IV1)

 

X. Poétique.

 

Dans tout ce que Keats a écrit à propos de la poésie, il y a peu de chose qui, si on l’examine avec atten-tion et en tenant compte des difficultés de communica-tion, ne se révèle vrai ; mieux encore : vrai pour une poésie plus grande et plus mûre que celle que Keats a jamais pu écrire.

T.S. Eliot,

 

The Use of Poetry and the Use of Criticism.


I.

Prélude avec un peintre.

Dans les peintures de Joan Miró, l’œil rencontre une surface plane et verticale, où les lignes, les graphismes et les champs de couleurs composent une représentation donnée, que l’artiste précise, en général, dans le nom du tableau : femme et oiseau, femme écoutant de la musique, le cirque. Là, tout est graphique, sans aucune espèce de tromperie pour la vue ou la sensibilité qui la recueille comme un éventail. On regarde le tableau avec le même abandon que lorsqu’on regarde un cadran de montre ou qu’on écoute un son bref et monotone. On est dans la certitude, dans le repos. C’est une peinture directe, un lieu de législation simple et ajustée.

À cet instant précis, certains ont l’idée d’appuyer un peu plus le regard sur un trait ou un rythme, et c’est alors comme si l’on était lâché de la Panagra2 sur l’île de Pâques. Pour un rien, un petit bout de doigt ou un petit rond rouge, tu glisses comme l’eau dans l’entonnoir, et alors, bien malin qui te rattrape !

 

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