LE JEUDI DE LA COLLINE DÉLAISSÉE.

 

Trois poèmes de Jean de Foresta.

Ces trois poèmes que nous présentons ici ne sont que les amers d’une œuvre engloutie.

Comme d’autres écrivains français de cette époque (Super-vielle, Caillois, Bernanos…), Jean de Foresta entretint des liens majeurs avec l’Amérique du Sud. De fait, après quelques mois passés à New York, Jean de Foresta s’installe au Brésil en 1949, à Manaus où il fondera une branche de l’Alliance française tout en travaillant dans l’entreprise de son beau-père. Il se liera au Brésil avec Bernanos grâce à l’amitié de son fils Yves, et surtout avec le grand poète brésilien Jorge de Lima. Il y composera une œuvre inspirée de la grande forêt amazonienne et des mythes bibliques, au dire de ce dernier qui écrivit sur lui et reçut ses archives après sa mort prématurée avant qu’elles ne s’égaras-sent avec les siennes propres. Il disparaît en effet dramatique-ment avec son épouse, en 1952, consécutivement à une intoxica-tion par le gaz.

De son travail poétique, seul demeure un recueil, Sur les chemins de ronde, publié à Paris en 1948, aux « Cahiers d’art et d’amitié ». On y sent une jeune voix qui se cherche, partagée entre l’influence surréaliste, l’imaginaire de La Tour du Pin et le lyrisme apocalyptique d’un Pierre Emmanuel.

Nous en avons extrait ces trois poèmes. Nous remercions sa fille, Mélireine de Foresta, en religion Sœur Jeanne Irène, de nous les avoir confiés.

Démon, fragile Dieu qu’abandonne le nombre,Prince des ténèbres, éparsparmi les sphères, sans regards,puissant de toutes nos faiblesses,fécond des infécondités de nos hasardssacrifié des poignantes messes…

Fidèles à genoux, priez devant votre ombre…

 

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