Un miroir brisé et fragmenté

(À propos de Le Noir du ciel, de Mary-Laure Zoss, éditions Empreintes)

 

LE lecteur reconnaît immédiatement, sinon une langue, du moins une voix étroitement en accord avec ce dont elle parle, car c’est bien de se tenir près de la parole qu’il s’agit par certains raccourcis familiers, par une économie de moyens, l’emploi fréquent du pronom (im)personnel on, une ponctuation dépendant du souffle plus que des charnières syntaxiques1. À propos sans doute d’un jeu d’enfants : « quand on sort il a neigé, les cou-leurs restent dedans, il faut s’approcher plus près, faire des morceaux dans l’ombre pendant qu’on voit encore quelque chose, tout ça disparu comme au fond d’un sac quand on nous appelle… »

Oralité, certes, mais écrite, qui se marie à l’écrit et dont on sent bien qu’elle ne cède à aucun artifice. Elle répond au contraire à un vœu de fidélité au monde rural, paysan, selon « un goût de l’élémentaire » l’expression est de C.-F. Ramuz qui voyait là « un goût de l’universel ».

 

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