CHEMINS ET ROUTES (I & II)

I.

IL m’arrive de rêver d’un livre des chemins, catalogue et dictionnaire à la fois, qui évoquerait, recenserait sans du tout prétendre faire œuvre savante, les figures diverses des chemins, leurs histoires, leurs particularités géographiques. Ou bien un traité exact et poétique, recueil des singularités des reliefs et des terres, provinces et leurs façons de dire, de cultiver, de mener commerce, bêtes poussées devant soi et quelles pratiques — manières autrefois d’aller, mulet ou charrette. Entre promenades et souvenirs j’en suscite les pages.

Vieille contrée d’embruns et de ciels toujours chan-geants, noms rêches à trois temps qui volontiers font se heurter les occlusives, dans la langue sonorités de granit et couleurs de lichens, ici les chemins vont creusés entre les champs, odorants, frais, humides jusqu’à s’étendre en canaux de fondrières gorgées d’eau, noirs d’ombre presque à toute heure. Sur les talus très hauts — certains appareillés parfois de moellons de schistes — toute une végétation dense monte au ciel, met ses branches en voûtes au-dessus du promeneur, sureaux, noisetiers, aubépines, hêtres et de loin en loin chênes, châtaigniers.

 

La lecture des articles est réservée aux abonnés. Pas encore abonné(e) ?