TI TAS ANTI.

 

 

Ti tas anti.

 

La pluie tombe. En moi j’entends, comme des feuilles mortes qui tombent elles aussi dans des forêts lointaines : ti tas anti / si thas tha / mi vas mas… Et après, qu’est-ce qui vient juste après ? Oui, maintenant je me souviens : tu tâm antu / hi tam ta / âni âva âma.

Il fait jour encore, ce n’est que le début de l’après-midi. Et pourtant, moi qui suis seul, assis dans cette chambre close, si je regarde au dehors, je vois à travers la fenêtre une lumière aussi floue que mon état d’âme, une lumière qui ne peut rien contre l’obscurité. Dedans aussi bien que dehors s’étend une ville souterraine. La pluie tombe, une rivière doit couler quelque part. Tout autour je perçois l’existence vague d’un monde en partie connu, en partie inconnu : une terre somnolente et peuplée, un amas d’édifices immergés dans les ténèbres, d’où surgis-sent des têtes qu’on ne voit pas entièrement. Comme si flottaient en l’air des bannières annonçant une victoire, ou une défaite.Victoire de qui ? Défaite de qui ?

 

 

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