LES GLACIS INVISIBLES

 

La cloche.

La cloche a redit les dernières heures
de coups longs à qui prélevait
les signes du matin dans le jour déjà dense
coups gras posés sur le silence
où éprouver, le voulant à peine
la surprise du corps et ses anciennes histoires
Midi lève l’ombre des fanes
s’avance vers les fermes
dont la gloire se fonde
dans le ronronnement des tracteurs invisibles
la nudité des crépis et des flaques



Villes sur la plaine.

Pour Jean-Benoît Puech.

Ce serait autre chose que d’y être,
les petites villes échelonnées sur la plaine
serrées dans leurs murs de vent
les ruelles et les impasses
familières aux inconnus
Mais en ne faisant que passer dans le train lointain

on sent qu’en tout point de l’espace sans grandeur
— mais parfumé et dont les glacis invisibles
s’offrent à la menée —
le temps s’effeuille
et qu’Aujourd’hui s’affiche aux linteaux, dans les murs roses,
familier et étranger à l’horloge distraite du marché

 

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