ÉTÉ À AUVERS ET AUTRES POÈMES

 

Traduit du néerlandais par Pierre Gallissaires & Jan H. Mysjkin.

 

Été à Auvers.

Un homme avait soupiré tous les noms de ce que nous,

misérables, devons désigner : cyprès, olives,

gerbes de blé, champs et ciels aux tournesols.

 

De lui seul il ne s’était pas encore affranchi,

il était encore un défini, quoique solitaire, quoique

déjà simple protubérance, une tache de soleil.

 

Un dimanche, vers le soir, il se tire une balle dans le ventre.

 

Quel cadre pour un cœur, quel regard

sur un chemin éclaté en trois, un vol de sang

au-dessus, un noir d’excrément, les charnières

de corbeaux en lambeaux, quel bruit de volet

de blé déversant ses volutes en expansion !

 

Deux nuits montaient comme jamais vu. Bateaux

et flammes tressés. Quel tourbillon déchaîné devint alors

le soleil ! De noir

vêtu vint un cheval l’après-midi de l’autre côté de l’Oise.

Suivons — le bleu des iris dans leurs vases.



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