LETTRES À REMO FASANI (I)

 

 

Traduit de l’italien par Christophe Carraud.

 

I.

LE LECTEUR FRANÇAIS, sans être familier de l’œuvre de Vittoria Guerrini (1923-1977) — de son nom de plume Cristina Campo — sait l’aura de beauté, de mystère et d’exigence qui entoure des recueils ardents et ciselés : d’heureuses traductions1 ont permis d’aborder ce « manuel subtil de technique de la perfection » auquel Guido Ceronetti faisait équivaloir ses pages ; elles ont approché de nous ce que les modes de deux décennies, entre 1960 et 1980, en avaient éloigné : donnant ainsi de mieux comprendre l’itinéraire, tout de cohérence secrète, d’un écrivain qui ne pouvait trouver au fondement de la pratique de l’art qu’une exigence de beauté, d’attention et de responsabilité — conformément à la leçon de Simone Weil, que Mario Luzi lui fit découvrir, et dont Cristina Campo fut l’ambassadrice auprès de ses amis.

1 Notamment Les impardonnables (Gli Imperdonabili, Milan, 1987), trad. fr. Francine de Martinoir, Jean-Baptiste Para et Gérard Macé, Gallimard, 1992 ; Le Tigre Absence (La Tigre Assenza, 1991), trad. fr. Monique Baccelli, Arfuyen, 1996 ; La noix d’or (Sotto falso nome, 1998), trad. fr. Monique Baccelli et Jean-Baptiste Para, Gallimard, 2006 ; Lettres à Mita (Lettere a Mita, 1999), trad. fr. Monique Baccelli, L’Arpenteur, 2006.


La lecture des articles est réservée aux abonnés. Pas encore abonné(e) ?