SUR LA POÉSIE

 

Traduit de l’italien par Christophe Carraud.

 

Pour une leçon de poésie.

 

LA POÉSIE — toujours selon ces lyriques chinois — est avant tout l’acte de nommer les choses et les êtres de sorte qu’ils apparaissent dans leur évidence primordiale ; que découle en nous, de leur simple évocation, une résonance multiple de significations secrètes.

Par milliers, les platanes dans la pluie fumante…

Matin et soir, quel vacarme de singes.

Ici, rien n’est dit qui sorte de l’usage habituel ; et pourtant, au milieu d’une évidence familière, la stupeur nous prend, comme devant la découverte d’un prodige.

Mais même si le sujet de la poésie est particulièrement délicat, insaisissable, la précision de l’évocation le rend d’une singulière évidence ; au point que la distinction entre deux genres de sujets — les uns consistants, les autres évanescents — ne semble plus possible.


La lecture des articles est réservée aux abonnés. Pas encore abonné(e) ?