GOOGLE, LA BIBLIOGRAPHIE ET L’ATTENTION

 

 

(Traduit de l’italien par Christophe Carraud.)

 

LE GRAND UNIVERSITAIRE qui a organisé la rencontre sur la crise de la discipline historique à notre époque m’écoute, apparemment, avec attention. Je suis en train de parler du déluge de livres, d’articles, de revues, de colloques historiques qui s’abat tous les jours sur le public. À mes yeux, cette grande crise de la discipline n’existe pas.Quand j’évoque la difficulté d’informer les lecteurs sur cette énorme production, et le travail qu’exigerait la création d’une sorte de carte du savoir historique qu’on produit — telle fut, du reste, la tâche qu’on m’a confiée il y a quinze ans, comme nouveau directeur de l’International Bibliography of Historical Sciences, publiée chaque année depuis 1930 —, voilà que l’universitaire réagit et fait signe à son assistante : nous devons absolument nous procurer cet ouvrage pour la bibliothèque, lui dit-il. Étrangement, il lui échappe à cet instant qu’il est déjà à la bibliothèque, depuis 1930.

 

 

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