IN MEMORIAM PAUL MOTIAN (1931-2011)

 

Lost In A Dream.

PAUL MOTIAN A FAIT DANS SES ALBUMS des vingt-cinq dernières années une musique comme en rêve, qui s’évanouit comme elle a surgi des limbes. Seules quelques limites, par le balai qui effleure les peaux et les cymbales, en sont presque imperceptiblement marquées, sur un fond de ténèbres dans lesquelles résonnent ses énigmatiques échos.

Paul Motian fait partie de ces musiciens qui jouent essentiellement avec le silence ; il ne sature pas l’espace, ne cherche pas l’intensité d’une corde tendue prête à casser — Keith Jarret —, n’essaie pas de le combler en jouant le plus de notes possible, deux notes à la fois — John Coltrane ; il essaie aucontraire de le distendre, comme en ces fins de soirée d’été où l’atmosphère semble se dilater, où l’on trouve enfin la fraîcheur et un ciel plus vaste.

Dans ses derniers albums, Paul Motian et ceux qui l’entourent (Bill Frisell, Joe Lovano, Chris Potter, Stéphan Oliva, Bruno Chevillon, Ron Carter…) ont mis au point, dans la lenteur des ballades, une formule : réunir le minimum d’éléments pour faire surgir l’ébauche d’un rythme,les traces d’une mélodie, d’autant plus beaux qu’ils sont seulement esquissés, et qu’ils s’agrègent à peine.

 

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