UNE MÈRE

 

I.



L’AUBE PLEINE, son regard du sol fuyant, elle s’éprenait des roses tachées, les sauvait, et pleurait son jardin, guettait le ciel se dessinant obscur au loin — ou clair.

À la fontaine, des pas, le passé faisait ombre. Et du passé, elle savait et ne savait pas s’il était brûlé ou vide. « Dessine-moi un passé où il ne pleuve ni sang ni boue. » Déjà si loin parti, l’effacé, elle s’en souvint : de son sourire elle avait le goût — et de sa bonne chaleur vers quoi elle tendait ses mains.

S’il pleuvait, elle se gardait des gestes du dehors ; s’il l’ensoleillait, elle avait le temps. Et la grâce, le passage des jours, l’odeur de cendres…

*

L’amant des jours à attendre finit par espacer les rencontres, ne vint plus que la nuit, l’auto zébrée de fougères. L’époux des espérances tendres avait réglé sa vie sur une autre à négliger la sienne.



La lecture des articles est réservée aux abonnés. Pas encore abonné(e) ?