FAUT-IL ENSEIGNER LE GENDER AU LYCÉE ?


L’ENSEIGNEMENT DU GENDER DANS LES PROGRAMMES DES LYCÉENS A SUSCITÉ L’ÉMOTION. Que faut-il en penser ? La thèse prend le contrepied du naturalisme, conception traditionnelle qui assignait au garçon un destin tout tracé (la masculinité et plus tard la paternité) autant qu’à la fille (la féminité puis la maternité). Ce schéma déconsidérait celles et ceux qui ne s’y inscrivaient pas, en particulier les homosexuels qui l’ont dénoncé et font une contre-proposition à travers la « théorie du genre » : selon celle-ci, le masculin et le féminin ne refléteraient chez chacun, garçon ou fille, que l’assignation plus ou moins consentie à des codes sociaux convenus. Cette démarche critique a la vitalité de la dénonciation ; elle n’en a pas moins l’inconvénient de se débarrasser d’un extrême en basculant dans l’autre. Une pesanteur imposée jadis, liant le masculin/féminin à l’anatomie corporelle, se mue en leur contingence absolue. Cela omet que le corps conserve sa part dans la perception par chaque enfant de sa condition sexuée ; et cela impute au regard social ce qui ressortit surtout de l’influence parentale. Là réside l’excès de la théorie du genre : elle résume l’identité sexuelle à l’imposition des conventions extérieures. Le brouillage de la réflexion qui en résulte reflète certaines contradictions de notre époque ; il importe de les considérer, à l’heure où cette théorie serait diffusée auprès des jeunes.