LE MÉDECIN EST-IL EMPÊCHÉ ?

 

QU’EST-CE QU’UN MÉDECIN ? Si à première vue la question semble presque naïve, la réponse qu’on peut en faire n’est pas aussi simple. C’est, dit-on classiquement, un homme dont l’action consiste à soigner d’autres hommes. Mais en quoi consiste cette action, c’est-à-dire ce soin que l’on prétend donner à d’autres personnes ? Consiste-t-il à leur rendre une santé dont il est bien difficile de donner une définition, ou bien — comme l’écrit Dominique Folscheid — à remédier, c’est-à-dire à servir d’intermédiaire entre un état, celui de malade, et un autre état d’être-au-monde, celui de soulagé, voire de guéri ?

Lorsqu’on se penche sur cette question, il est facile d’observer que, si l’exercice de la médecine en tant qu’action soignante n’a jamais été évident, en revanche l’évolution de nos sociétés occidentales contemporaines en a sans doute accentué les difficultés, transformant de plus en plus le médecin en un homme empêché. Nous pouvons retenir trois entraves majeures à l’action médicale auxquelles il convient de prêter une grande attention pour tâcher peut-être d’en libérer l’homme-médecin.