La maison l’île, suivi de Le pays que l’on quitte

La maison l’île.

I.

IL PLEUT IL FAISAIT BEAU, et la maison fraîchit quand nous fûmes réunis tout habillés de noir. Le départ s’annonçait. Les glaïeuls qu’elle aimait faisaient lourde fontaine au-dessus du violet.

Fantômes vous triomphiez en vous montrant discrets. Et maintenant il pleut, et la maison est gaie. Les cerises attendront, les groseilliers aussi.

Les fenêtres ouvertes nous regardons la pluie, elle sifflote, elle taquine et agite ses doigts. C’est bien de ces gris que la terre fleurit.

Au village les demeures s’attachaient les disparus. Les anciens attendaient que nous veillions sur eux. Par les chemins, les rus, les ruisseaux et les plaines nous gagnions des cachettes. Sous l’astre faucheur les mots avaient la couleur des chairs admonestées.

Que demanda l’aurore quand le puits fut tari ? Les fruits en abondance eurent le baiser candide : insectes et oiseaux y devançaient nos lèvres. 

La maison au soleil repose les mêmes questions. Je n’aurai de réponses si je ne songe à elle.

 

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