Sonnets bourguignons


Saint-Julien-du-Sault.

À Saint-Julien-du-Sault la collégiale est frêle
De briques et de broc, de foi et de beauté.
À sa touchante lutte il faut que l’on se mêle.
Par amour, tous, du temps vaincront la cruauté.

À garder le vallon s’acharne une chapelle
L’Yonne s’y détourne au nom du grand Romain
Qui tomba du coteau en se donnant des ailes
Conférant à l’endroit un air bien plus qu’humain.

Les vitraux de saint-Pierre enserrent cette histoire,
Le sang de ce soldat retrouvant sa couleur.
En Bourgogne il fait doux de continuer à croire.

De tout, la ville rit dans sa belle candeur.
Vivant de peu de feux elle ne s’en soucie
Quand le ciel pourvoit à sa fragile vie.


Villeneuve-sur-Yonne.

Un bras qui s’avance et pour nous enlacer, c’est
Beaucoup plus que l’amour, voire le comble au monde.
L’Yonne à Villeneuve assurément le sait.
C’est pourquoi les pêcheurs jamais ne s’y morfondent.

En boule elle se tient comme un gros chat qui dort,
Des tilleuls l’encerclant pour une promenade.
Le pont donne au passé de quoi reprendre corps :
Le tambourin encor y incite aux ballades.

Trois rois y sont venus et Natanson aussi
Avec une revue énigmatique et blanche.
Groupe qui du voisin Mallarmé s’est grossi.

Sur l’eau un cygne glisse et la gêne s’enclenche.
Le poète le dit : tant royal est son look
Qu’à l’observer passer on n’est jamais qu’un plouc.

 

La lecture des articles est réservée aux abonnés. Pas encore abonné(e) ?