Choses non vues. Japon


Quand devant une ville inconnue on s’étonne
comme devant un ami qu’on avait oublié, c’est l’image
la plus véridique de soi-même qu’on contemple.

Jean Grenier.


PAS DE PAPIERS DANS LES RUES (pas de poubelles non plus).

Pas de tags.

Pas d’odeurs. Dans les dizaines de couloirs, galeries, parfois sur trois ou quatre niveaux du métro, l’air sent bon. C’est-à-dire pour un Parisien : RIEN.

Pas de dégradation de lieux publics (bus, métro, mobilier urbain, etc.).

Pas de WC infréquentables (bars, restaurants, toilettes publiques).

Pas d’esthétique des banlieues, casquettes, capuches, joggings, etc. Les jeunes Japonais sont souvent élégamment habillés, conservant tenue et maintien jusque dans le côté «grunge», «trash» de certains d’entre eux qui semblent endosser ces marquages plus comme des déguisements, et par jeu comme pour les adeptes du « cosplay » (costume playing) à l’entrée du parc Meiji-jingu.

Pas de véhicules cabossés, même légèrement. Les carrosseries sont propres, étincelantes. Peu de circulation (tous les Tokyoïtes sont dans les transports en commun ou à vélo), celle-ci très fluide. Pas de motos ni de scooters. Beaucoup de taxis dont les portières s’ouvrent automatiquement, intérieur immaculé, appuie-tête en broderie, gants blancs, conduite douce, monnaie rendue dans un petit plateau avec un reçu (pas d’arnaque).

Pas de trous sur le macadam. Le goudron est d’un gris uniforme, impeccable. Nous avons vu un employé de l’hôtel (en gants blancs) enlever méticuleusement les minuscules mousses qui pourraient pousser entre les dalles du parvis de l’entrée. Partout des plans inclinés pour les chaises roulantes, poussettes, etc.

 

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