« PAS UN YOD NE PASSERA…»

 

EN vérité je vous le déclare, avant que ne passent le ciel et la terre, pas un yod, pas une pointe ne passera de la Tora… » (Mt 5, 18). La phrase de Jésus est bien connue. Placée par Matthieu dans le Sermon sur la Montagne, elle est un élément du débat qui agitait les premiers chrétiens : certaines pages de la Tora étaientelles désormais caduques (par exemple celles qui traitaient de la circoncision, des interdits alimentaires…) ou gardaient-elles leur autorité pour toujours ?

La phrase semble une hyperbole rhétorique. Elle dit qu’aucun commandement, même le plus petit, ne saurait perdre son caractère obligatoire. Mais le plus petit commandement est une phrase d’au moins deux ou trois mots, un yod isolé ne saurait exprimer un ordre ou une défense1. À moins qu’elle ne renvoie à la façon mi-plaisante mi-sérieuse dont certains rabbis jouaient avec les lettres de la Tora. On le disait en particulier de Rabbi Aqiba (qui vivait autour de l’année 100).

 

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