Trois poèmes

GIOVANNI PONTANO. (1429-1503.) 

Traduit du latin par Charles Senard. 

 

Ad Stellam (1) 

In tenebris, mea Stella, nites, dum sidera pallent,
Et nox ipsa tuo lucida honore placet; 
In medio, mea Stella, die sub sole nitescis,
Clarior et per te solque diesque venit. 
Sic es sideribus decus addita matutinis,
Et radiis debent solque diesque tuis. 
Sed cur, quae tenebris honor es, decus una diebus,
Cur lumen nobis nocte dieque negas? 
Nocte negas foribus clausis, in luce fenestris:
O tenebrae, non iam stellave luxve mihi. 
 

 

À Stella 

Dans les ténèbres, ma Stella, tu resplendis, quand les étoiles pâlissent
Et la nuit même est belle si ta beauté l’illumine ;
En plein jour, ma Stella, tu scintilles sous le soleil ;
Et grâce à toi, la lumière du soleil et du jour nous parvient plus vive.
Ainsi, tu es la beauté qui s’ajoute aux étoiles du matin, 
Et le soleil et le jour sont redevables à tes rayons.
Mais pourquoi, toi qui resplendis au milieu des ténèbres, qui es la 
[parure souveraine du jour,
Pourquoi me refuser nuit et jour ta lumière ? 
Tu me la refuses en me fermant tes portes la nuit, tes fenêtres le jour :
Ô toi qui m’es ténèbres, et non plus étoile ni lumière... 

 

1 Eridanus, I, 10, in Giovanni Pontano, Carmina, Bari, éd. J. Oeschger, Laterza & figli, Bari, 1948. 

 

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