La justice dans l’administration

(Traduction de Christophe Carraud)

Discours prononcé à l’Association constitutionnelle de Bergame, le 7 mai 1880. 

LE BUT EST SIMPLE, si long que soit le discours1 (autres temps, autres mœurs ; on se gardera de demander lesquels sont préférables : mesurons simplement l’union admirable, dans ce discours, des vues les plus larges et des considérations les plus détaillées — ce qu’on pourrait appeler le sens de l’État) : « Traiter des difficultés que rencontrent la justice et la légalité dans les administrations publiques sous les Gouvernements parlementaires, de celles, en l’espèce, qu’elles rencontrent chez nous, et des remèdes que l’on peut trouver pour les surmonter. » Toutes les questions que Spaventa aborde ici n’ont guère perdu de leur actualité. Mais, actuelle, la question centrale l’est plus que jamais (y compris celle des mesures de police préventive, de la nomination aux fonctions publiques, etc.): qu’est-ce qu’une administration juste? et quels peuvent être ses rapports avec un Gouvernement, quoi qu’on fasse, de parti, c’est-à-dire toujours travaillé par la question d’un intérêt qui n’est pas général ? Quelle est la mesure de cet intérêt général, partout allégué, mais qui ressemble bien plutôt à l’ombre projetée d’on ne sait quelle faute originelle ? La justice, peut-être, d’une première et ineffaçable injustice. 

 

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