Droit à la beauté

Forme et valeur des espaces urbains
dans la ville contemporaine.

ON NE PARLE PLUS DE LA BEAUTÉ DES VILLES. Ou plutôt, ce sont les architectes et les urbanistes qui n’en parlent plus — eux qui devraient, plus que d’autres, s’en soucier dans leurs projets. 

En revanche, des écrivains, des poètes, des artistes en parlent : comme Paolo Barbaro dans son beau livre Les deux saisons, paru après sa mort en Italie en 2016, et à présent traduit en France par les Éditions liées à la revue qu’on a entre les mains. 

À un moment de son récit, Barbaro parle du « miracle » de sa ville, « qui depuis mille ans reste debout, tenue au sol par sa beauté » ; quelques pages plus tôt, il avait rappelé le souvenir de son ami Paul, « grand peintre et philosophe sensible », qui lui confiait, à son retour de Paris, « le bonheur incessant de vivre dans ces îles, où chaque chose construite par l’homme semble ajouter de la beauté à celle du créé ». 

À Venise, bien sûr, tout cela est plus facile, et va même de soi, y compris pour les architectes. Mais dans le cas des autres villes, et surtout de celles qui restent à concevoir, ou simplement à rénover, parler de beauté est beaucoup plus compliqué, et plus risqué aussi à certains égards : car il est extrêmement difficile de faire sienne aujourd’hui une définition acceptable de ce qu’on entend par beauté, et de la manière dont cette beauté pourrait offrir à nos villes des perspectives rassurantes. 

 

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