L’« axe du Mal » aujourd’hui

LORS DE SON DISCOURS sur l’état de l’Union en janvier 2002, le président George W. Bush inscrivit trois pays sur l’« Axe du Mal » : l’Irak, l’Iran et la Corée du Nord, trois États qualifiés d’« États-Voyous » parce qu’ils ne respectaient pas les règles en matière de non-prolifération, soutenaient le terrorisme et représentaient de ce fait une menace pour la paix mondiale. L’expression se voulait le pendant de la formule utilisée par Ronald Reagan, qui qualifia l’Union soviétique d’« Empire du Mal ». Elle fut largement moquée : axe des méchants, etc. Elle n’était pourtant pas si mal trouvée. 

Seize ans plus tard, ces trois pays connaissent des fortunes diverses. L’Irak a été envahi en mars 2003 par les États-Unis et le Royaume-Uni pour le non-respect des engagements de coopération avec les équipes onusiennes de désarmement, et parce que les faucons au pouvoir à Washington voulaient un changement de régime.

L’Iran a joué au chat et à la souris avec l’Agence internationale pour l’Énergie atomique (AIEA), les Américains et les Européens. Coopératif en 2003, Téhéran a durci sa position pendant le mandat du président Mahmoud Ahmadinejad (2005-2013), avant que l’élection d’Hassan Rohani en 2013 et les sanctions appliquées à l’Iran ne permettent à Barack Obama de donner corps à sa « politique de la main tendue ».

 

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