Joseph Georges « le Skieur » (1892-1960)

(UNE SAGESSE, 2.)

Pour Emmanuel & Cyprien.
 

ON LE VOIT dans un magnifique documentaire tourné par Claude Goretta à Évolène en 1959, lors de la fête des guides du Val d’Hérens. Il est à La Forclaz où il est né, sous la petite chapelle. Le plan quitte son visage et montre son carnet de guide. Joseph Georges a des mots simples. Il se contente d’évoquer l’envie qui le prit très jeune, à onze ans, d’aller voir là-haut ; et puis, devenu guide, ce « lien d’amitié qui s’acquiert entre guide et client. C’est une chose qui arrive assez vite, on est comme des frères en montagne [...] on est détaché de tout, on ne pense plus à ce qui se passe dans la vallée, on est plus près du ciel [...] ça vous donne un bonheur qu’on ne peut pas imaginer quand on ne l’a pas expérimenté... » 

Il semble que ce soit là tout ce qu’il ait à dire publiquement. Il faut compter pour peu de chose les brefs entretiens « obligés » qu’ont fait paraître des périodiques d’avant-guerre (au demeurant fort modestes : les Lectures du Foyer, le 25 avril 1936, « Avec le guide Joseph Georges, champion de l’alpinisme » ; L’Abeille de Lucerne, au délicieux sous-titre, «Revue hebdomadaire avec assurance  incomparable pour l’abonné et sa famille », le 9 juillet 1938, « Le guide Joseph Georges nous raconte quelques souvenirs », dont bien des éléments reprennent mot pour mot l’article précédent). Joseph Georges avait pris part à l’expédition scientifique belge au Ruwenzori en 19321, « aux confins du Congo belge et du protectorat anglais de l’Ouganda». 

 

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