Qu'est-ce que la culture ?

L’AUTEUR (1873-1957) est assurément un historien de renom, à l’œuvre trop vaste et trop célèbre pour ces quelques lignes de présentation. Sa production est considérable (livres, préfaces ) ; de médiéviste renommé qu’il était (sa thèse portait sur Florence à la fin du XIIIe siècle), il a avec le temps porté son attention sur des périodes plus proches, écrivant sur la Révolution, sur Mazzini, le Risorgimento, le fascisme puis la résistance, soucieux du destin politique de son pays, dans la ligne socialiste-libérale des frères Rosselli, qui virent en lui leur grand aîné. Figure tutélaire de l’antifascisme, il fut l’autorité morale de ce mouvement — même lors de son exil américain (1934-1947), d’où il revint pour reprendre ses cours comme si le fascisme n’avait pas existé, et qu’il n’eût été qu’une parenthèse : heri dicebamus... Nous n’y revenons pas. 

Moins connue, du moins de ce côté-ci des Alpes, sa réflexion sur l’école, particulièrement nourrie au début de sa carrière. Ses Scritti sulla scuola, réunis en un volume en 1966, et d’où nous extrayons ces lignes sur la culture, comptent près de 1100 pages. Figure morale et figure de droiture d’autant plus impressionnante que la vie le soumit à de rudes épreuves, aussi bien politiques que familiales : quelques mois après avoir prononcé la conférence dont ces pages sont la trace, il perdit son épouse et ses cinq enfants durant le terrible séisme du 28 décembre 1908 à Messine. Curieuse ressemblance, en un sens, avec le sort qu’avait connu le jeune Benedetto Croce. Et même force. La résistance, chez quelques-uns, n’est pas une attitude qu’on se donne, ni même une action extérieure.

 

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