Les étincelles de l'enclume

Présentation

« Orion fut aveuglé par Œnopion, père de Mérope de Chio, et abandonné sur le rivage de la mer. Un oracle lui apprit qu’il recouvrerait la vue s’il allait vers l’orient et exposait ses yeux aux rayons du soleil. Il prit donc un enfant de l’île*, le jucha sur ses épaules et lui commanda de le conduire vers la naissance du soleil. Ses yeux virent à nou- veau, d’une vue plus limpide et plus perçante qu’auparavant.» 

* Cédalion, apprenti d’Héphaïstos,
forgeron et roi du feu.
(Tiré de Il libro soprannaturale.)


Le faville del maglio / Les étincelles de l’enclume. 

Quand, dans les années 20, D’Annunzio remanie et complète des articles parus dans le Corriere della sera, sous le nom de Faville del maglio, il a derrière lui une vie brillante de poète, de romancier, d’homme de théâtre ; il est aussi l’homme aux aventures amoureuses multiples, qui s’engage dans la guerre où il est blessé, et dans la politique : le «comandante» a occupé Fiume pendant deux ans. Finalement, il se réfugie en 1921 au bord du lac de Garde, où fut édifié le Vittoriale, sous la tutelle de Mussolini. Il y meurt en 1938.

En effet, partir du 23 juillet 1911 et jusqu’au 24 septembre 1914, D’Annunzio, qui avait quitté l’Italie pour fuir ses créanciers et s’était réfugié à Arcachon, envoya au Corriere della Sera différentes proses. Dix ans après, à 61 ans, le poète envahi par les souvenirs rassembla ce corpus, revu et augmenté, en deux tomes dédiés à la Duse qui venait de mourir, sous le titre Le faville del maglio (Les Étincelles de l’Enclume). C’est l’époque d’un retour sur soi-même, porté par une écriture nouvelle. Avec le temps et la nécessité de faire court, le style s’est comme épuré, parfois ironique, loin des scories des grands romans mondains (Il Fuoco, Il Piacere). Ce que Chateaubriand appelait, dans la Vie de Rancé, à propos de la dernière œuvre de Poussin, « le tremblement du temps ». 

 

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