Cinq odes

Traduction
Fabian Giecold

I, 4

Solvitur acris hiems grata vice veris et Favoni
trahuntque siccas machinae carinas,
ac neque jam stabulis gaudet pecus aut arator igni
nec prata canis albicant pruinis.
Jam Cytherea choros ducit Venus imminente luna
junctaeque Nymphis Gratiae decentes
alterno terram quatiunt pede, dum graves Cyclopum
Volcanus ardens visit officinas.
Nunc decet aut viridi nitidum caput impedire myrto
aut flore, terrae quem ferunt solutae ;
nunc et in umbrosis Fauno decet immolare lucis,
seu poscat agna sive malit haedo.
Pallida Mors aequo pulsat pede pauperum tabernas
regumque turres. O beate Sesti,
vitae summa brevis spem nos vetat inchoare longam.
Jam te premet nox fabulaeque Manes
et domus exilis Plutonia, quo simul mearis,
nec regna vini sortiere talis nec tenerum Lycidan mirabere, quo calet juventus
nunc omnis et mox virgines tepebunt. 

 

I, 4

L’âpre hiver s’alanguit : place au printemps, place aux zéphyrs aimables.
Les bateaux, mis au sec, sont tirés par des treuils ;
Le troupeau est las de l’étable et de son feu le paysan ;
Les prés ne brillent plus de la blancheur du givre ;
La lune se levant, voici Vénus qui conduit ses danseuses :
En se mêlant, Nymphes, Grâces charmantes —
Pied droit, pied gauche — battent la mesure, et des Cyclopes
Vulcain tout rougeoyant hante l’énorme forge.
C’est l’heure de poser sur tes cheveux lustrés le myrte vert
Ou les fleurs que la terre enfante, délivrée ;
C’est l’heure, dans les bois ombreux, d’immoler à Faunus
L’agnelle ou le chevreau, selon sa préférence.
La Mort blafarde heurte d’un pied égal la cabane du pauvre
Et le palais du prince. Ô bienheureux Sestius,
Cette petite somme de nos jours bannit le long espoir !
Déjà vient sur tes pas la nuit des Mânes —
Vaines buées ! —, séjour de Pluton l’affameur ; là plus de dés
Qui te désigneraient roi du festin ;
Pour régaler tes yeux plus de doux Lycidas, lui qui enflamme
Tous les garçons et pour qui brûleront les filles. 

 

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