Deux méthodes contre le terrorisme

On parle de terrorisme quand des individus innocents sont appelés à expier des fautes qui ne sont pas les leurs, du fait de leur seule appartenance à une famille, une classe ou un peuple considérés comme coupables1. Le terrorisme coïncide par là avec le système des «otages»: tous ceux qui appartiennent à un peuple déterminé — bons ou méchants, vieillards ou enfants, peu importe — sont considérés comme des « otages », une « marchandise » qu’on peut échanger ou détruire. 

Que ce soit horrible, au sens le plus fort du terme, inutile de le répéter ; inutile aussi d’ajouter quoi que ce soit, car l’atrocité du fait exclut qu’on puisse se livrer à son sujet à des exercices de rhétorique. Le terroriste « n’est ni un criminel, ni un fou, ni un possédé », au sens où l’on ne peut faire entrer le terrorisme dans une espèce quelconque de dégénérescence. Car le terroriste n’agit pas dans son propre intérêt, mais pour une cause supérieure, et en ayant parfaitement conscience de son peu de chances de survie. 

Le problème qui se pose à propos de l’éradication du terrorisme a donc un caractère particulier. Lequel ? Je lis dans l’Espresso un article de Victor Cygielman reprenant les mots d’un intellectuel arabe modéré, convaincu pour sa part que la paix avec Israël est essentielle à la survie de la nation palestinienne : « Hussein a dit que les auteurs de l’attentat sont atteints de folie. Sans aucun doute. Ils sont atteints de la folie qui s’empare de ceux qui n’ont ni patrie, ni statut, ni avenir. La folie de ceux qui n’ont plus rien à perdre et pour qui faire entendre leur cri de douleur et de révolte est encore plus important que de continuer à vivre. Il ne suffit pas de constater la folie de ces jeunes gens, il faut aussi, et c’est un devoir pour nous Palestiniens comme pour vous Israéliens, nous interroger sur ses motifs. Il faut nous demander à partir de quelle frustration, de quel désespoir, de quel enfer ces jeunes gens en sont arrivés à ce point. » 

 

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