L’idée de devoir et l’idée de droit

LE LECTEUR attentif et patient a déjà rencontré Antonio Cicu (1879-1962) dans ces parages, lorsque nous traduisîmes le dernier cours qu’il ait professé, auquel il donna le titre d’« Orientations sur les problèmes généraux du droit » (Conférence, 41, pp. 521-534) — un titre à la fois modeste, ambitieux, rétrospectif et prospectif ; éléments apparemment peu compatibles, qui font pourtant la qualité des cours ou leçons véritables. Cicu fut et demeure un excellent professeur : celui qui a ses limites, sans doute (il ne saurait être comparé à Chiovenda ou à Santi Romano, pour la génération à laquelle il appartient), mais aussi toute la fécondité de la rigueur dans l’exposition et le simple énoncé des problèmes. Ce que nous appellerions des mises au point2. Nous avions donc publié sa dernière leçon, datant de 1952 : voici l’une de ses premières interventions, qui remonte à 1921. Cela fait donc presque un siècle ; c’est loin, mais nous gagnerions à ne pas négliger de telles possibilités de clarification (d’autant que, pour le droit aussi, le cours de ce même siècle fut particulièrement discutable et éprouvant ; on peut ajouter qu’il est toujours extrêmement problématique, précisément et surtout à propos de droit, de dire sans autre question que les choses ont changé). À partir de quoi il sera possible, on l’espère, de discuter sereinement. 

 

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