GIVRE.

 

 

(Un choix de poèmes.)

IL est temps que l’œuvre remarquable de ce poète et graveur soit découverte en France, et partout ailleurs », écrivait il y a plus de dix ans Sylvie Germain dans la préface d’un petit livre bilingue de Bohuslav Reynek, illustré par des gravures de l’auteur1. Depuis, ont paru un livre d’hommage de la même Sylvie Germain2, quelques poèmes chez Gallimard dans l’Anthologie de la poésie tchèque contemporaine3, d’autres publications ici et là, jusqu’à la dernière en date, une belle sélection de poèmes et de gravures, La Lune et le givre4, mais aucune œuvre poétique intégrale en français. Le silence qui entourait la maison du poète, dans les collines de Moravie, et qui remplit chacune de ses œuvres, peine encore à se faire entendre dans le brouhaha du monde et plus encore peut-être dans un pays qu’il a tant aimé, si fier de sa littérature et si sourd désormais à la poésie. Elle se fraie cependant peu à peu un chemin, comme les textes qui suivent en témoignent encore, tel le ruisseau d’une neige qui s’égoutte enfin après un long hiver.

 

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