LETTRES D’ORIENT (I)

"LES livres voyagent, ma seconde épouse est la veuve d’un écrivain qui a réussi avec elle le tour du monde à pied, en vélo, en trains, en bateaux. Les ouragans, les tempêtes, le désert se transportent. Je relis, revis cet autre livre qui me passionnait enfant, Les cinq sous de Lavarède de Paul Féval, soit le prix d’un océan à l’autre aller-retour. Oh ! le prix de l’Asie : après avoir voulu visiter une mosquée, échapper à une milice, enfants devant soi, en courant sur des échelles de rails vides servant de pont sur une succession d’abîmes… j’écoute une globe-trotter, Michène. » C’est Maurice Chappaz qui parle, ses mots sont repris dans le volume qu’on tient entre ses mains, et l’écrivain qu’il évoque, c’est Lorenzo Pestelli. Nous avons brièvement présenté ce voyageur ardent, si prématurément disparu il y a trente ans, au moment de publier ses « Notes personnelles d’un écrivain en Chine »1 ; nous découvrions la qualité, l’acuité de son regard, en ces années — 1965, 1966 — d’interrogation intense sur les formes que prend la vie ; certains cherchaient à corps perdu celle où le mensonge, l’artifice, l’injustice tiendraient le moins de place.

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