BANZO

 

The girl from Ipanema (António Carlos Jobim et Vinícius de Moraes) interprété par Archie Shepp (Album Fire Music, 1972, Label Impulse)

 

Cela commence avec une fanfare qui joue le thème sur un tempo si lent qu’il en est méconnaissable. Avec la solennité un peu empesée des ouvertures d’opéra, la section des cuivres joue de grands aplats harmoniques avec un son velouté — climat consensuel et rassurant, léger clin d’oeil à la tradition orchestrale des Big Bands.Tout va bien et l’on fait tourner ses glaçons dans le fond de son verre. Le climat change vite et les dernières mesures enjouées comme une musique de cirque nous laissent un peu inquiets. Sans transition et comme si le soliste voulait en venir aux mains, voulait s’expliquer avec le thème, le voici qui s’avance accompagné du bassiste et de la batterie.Avec ses deux acolytes, il s’apprête à perpétrer un mauvais coup : en finir avec toute cette fadeur exotique. Une pure samba s’élève alors, frémissante de toutes les images paradisiaques que nous avons d’un Brésil de carte postale et néanmoins vrai : longues plages bordées d’immeubles « avec vue », vagues moussantes comme du champagne. Le rythme est syncopé comme la démarche d’une belle carioca, débordant d’une forte sensualité qui fait frissonner les lombaires.



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