Collection Teamim

La Torah n’est pas au ciel de Eliezer Berkovits

La Torah n’est pas au ciel de Eliezer Berkovits

La Torah n’est pas au ciel de Eliezer BerkovitsNature et fonction de la loi juive


Un volume de 232 pages, format 16 x 22,5 cm.

Couverture à rabats.

22.00 €

Dans cette synthèse magistrale, Eliezer Berkovits (1908-1992), un des grands rabbins et philosophes juifs du XXe siècle, analyse avec clarté les enjeux profondément humains de la Loi juive, la halakhah. Sa réflexion est nourrie de ses responsabilités de grand rabbin de Berlin en 1939, où il mesura comment une application trop rigide de la loi avait des effets catastrophiques pour certains juifs mis dans l’incapacité d’émigrer. Ces impasses le hanteront et inspireront une bonne partie de son œuvre ultérieure, qu’elle porte sur le get (acte de divorce) et la condition des femmes ou le statut de la halakhah dans le contexte de la Shoah. Explorant les diverses techniques d’exégèse employées par les rabbins pour faire évoluer le droit, il s’interroge sur la notion d’autorité et la place de la halakhah dans une société démocratique. Il montre, dans le droit fil de la tradition rabbinique, que la Loi juive est toujours en construction puisque, suivant un fameux passage du Talmud, « la Torah n’est pas au ciel ». Ces pages posent admirablement le problème de la dimension éthique de la vie juive et insistent sur la dimension humaniste de la Loi. La halakhah, comme l’indique la racine du mot haloch (« marcher »), est ce « pont par lequel la Torah passe de l’écrit à l’acte vivant ». Puisque la vie est en perpétuel changement, le droit est toujours une négociation entre l’absolu juridique et les circonstances variables, et doit constamment faire appel à une «interprétation créatrice». 

Dans ce livre, le premier de l’auteur traduit en français, Eliezer Berkovits nous permet de pénétrer l’envers du décor du Talmud, de goûter à la vivante subtilité de la Loi juive et de saisir son architecture et son actualité. 

La traduction de l’ouvrage est suivie d’une importante postface de Pierre-Emmanuel Dauzat, qui rappelle quelle fut la dimension de ce grand penseur, juriste et théologien, et explore notamment la manière dont les rabbins ont utilisé le verset 126 du psaume 119 (« Il est temps d’agir pour Dieu, ils ont violé ta loi») pour faire évoluer le droit. 

Traduit de l’anglais par Aude de Saint-Loup & Pierre-Emmanuel Dauzat.

Collection teamim, dirigée par Livia Parnes & Pierre-Emmanuel Dauzat.

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Adachiara Zevi, Monuments par défaut.

Adachiara Zevi, Monuments par défaut

Adachiara Zevi, Monuments par défaut

Un volume de 384 pages, relié sous jaquette, format 16 x 22,5 cm. 288 illustrations en couleur.

29.00 €


Dans cette réflexion sur l’architecture et la mémoire depuis la Shoah, Adachiara Zevi nous propose une histoire des monuments « par défaut ». La mémoire du pire, observe-t-elle, peut difficilement s’accommoder des qualités généralement attribuées à la monumen- talité — unicité, statisme, hiératisme —, en un mot de l’impassibilité. Toute la question est alors de savoir quelle architecture, quel art inventer devant un tel défi . Adachiara Zevi montre que la mémoire, c’est l’architecture: la «monumentalité» doit se mettre à l’épreuve de ce qu’elle commémore, et ouvrir l’espace éthique de l’introspection et du souvenir. Il faut permettre à la mémoire de répondre à deux impératifs essentiels : n’être pas inerte et comme à distance de nous, et, par suite, respecter et interroger le passé pour y puiser la forme du présent. L’auteur décrit et analyse comment cette mémoire s’est incarnée depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. L’ouvrage, richement illustré, conduit le lecteur dans les mémoriaux du monde entier, de Rome à Jérusalem, de Washington à Paris, de Berlin à Turin ou à Milan, et jusque sur les Stolpersteine, ces «pierres d’achoppement» enfoncées dans le sol devant les derniers domiciles des victimes du nazisme. Cette histoire de l’architecture contemporaine en lien avec l’après- Shoah éclaire d’un jour inédit les différentes étapes de ce que Raul Hilberg, le grand historien de la destruction des Juifs d’Europe, appelait «la politique de la mémoire». Le livre d'Adachiara propose ainsi une remarquable interprétation de tendances majeures de l’art contemporain, et s’interroge discrètement sur la dimension idéologique de la mémoire.

Traduit de l’italien par Christophe Carraud.

 

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Quinze voyages de Varsovie à Londres de Jasia Reichardt

Quinze voyages de Varsovie à Londres, 1940-1945, de Jasia Reichardt

Quinze voyages de Varsovie à Londres de Jasia Reichardt

 Traduit de l’anglais par Aude de Saint-Loup.

Préface de Jean-Marc Dreyfus. 200 pages, 54 illustrations. 

25.00 €


Jasia (Janina) Reichardt a six ans quand la Seconde Guerre mondiale éclate et bouleverse l’heureuse vie familiale à Varsovie où la musique, le dessin, la peinture et la littérature sont très présents. 

Jasia et la majorité des siens sont déplacés au ghetto de Varsovie. « Je sais main­tenant que je suis juive... “On est obligé d’être juif ?” demandai­-je à ma mère, “on ne pourrait pas être autre chose ?” — mais cela ne semble pas être une question de choix, et à ce que je vois autour de moi, être juif ne paraît pas être une bonne chose.» 

«Pendant les promenades, ma mère me cache quelquefois les yeux sans pré­venir, pour m’empêcher de voir des atrocités que je ne peux que deviner... J’apprendrai plus tard l’insupportable raison de l’entrée de mon père dans le ghetto ; il quitte la relative sécurité extérieure afin d’organiser mon évasion.» 

La menace de liquidation approchant, elle doit être séparée de sa famille. S’enchaînent alors ses multiples «voyages»; elle s’échappe du ghetto, change d’identité, transformée en orpheline ca­tholique, passe de mains en mains, avant de re­ joindre à Londres, la guerre terminée, sa tante Franciszka Themerson. «Je quitte Zofiówka, suivant les instructions de ma grand-­mère. De nouveau il n’y a pas d’au revoir ni de derniers conseils. Je suis désormais responsable de ma propre vie. C’est la première fois que je pars seule quelque part, mais ma peur habituelle s’évanouit.» 

«Avant de sortir, Halina me conseilla de ne pas sourire car cela soulignait mes traits sémites. Je tâche de me rappeler cette consigne... Je sourirai la nuit quand personne ne me verra... Je sais que mes parents sont morts bien que personne ne me l’ait dit... Dans mon imagination, ils semblent me dicter ce que je dois faire, ce que je dois dire et comment je dois me comporter.» 

« Le voyage à Londres fut le dernier que j’ai compté... Au bout de trois mois, j’ai arrêté de parler de la guerre... À partir de là, l’avenir devient ma passion. » 

Cinquante ans plus tard, Franciszka lègue à Ja­sia les 15 lettres et 31 cartes que sa mère (as­sassinée à Treblinka) et sa grand-­mère (suicidée à Otwock) lui ont envoyées du ghetto (1940­-1942). 

Il fallut encore du temps pour que Jasia, rare survivante du ghetto de Varsovie, parvienne à les lire et revienne sur cette période tragique: avec humour, dans l’amour des siens et de la vie, elle mêle ses mots de petite fille et d’adulte. À l’aide d’images et de documents inédits, elle re­ construit un récit aussi minutieux qu’émouvant. Défilent visages et lieux, résonnent les voix, de Varsovie à Londres. 

Franciszka et Stefan The­merson, grands artistes de l’avant­-garde du XXe siècle, qui ont recueilli Ja­sia à Londres, ont largement contribué à sa «renaissance» et à sa vocation de critique d’art puis de commissaire d’exposition. 

Un volume de 200 pages, format 16 x 22,5 cm, abondamment illustré.

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