• octobre 1997
    • LA PAROLE ET LE VISAGE. CHRISTOPHE CARRAUD

      CONFÉRENCE, N° 5, automne 1997. CHRISTOPHE CARRAUD.   Pouvez-vous dormir dans la position   où vous êtes, ne voyez-vous pas les   dangers qui vous menacent ?   Virgile.   A quoi est-on d’abord sensible dans les œuvres de Patrice Giorda ? À une intensité, et à une inquiétude. Les catégories que le peintre met en jeu sont moins esthétiques que dramatiques. S’agit-il de paysages, devues, dans ces puissants lavis, on découvre une tension, une sorte de conflit qui nous instruit moins d’une histoire privée (le couvent des Lazaristes, sur la colline de Fourvière, où se déroulèrent les années de collège) que de...

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    • LAZARISTES. PHILIPPE BLANC

      CONFÉRENCE, N° 5, automne 1997. PHILIPPE BLANC.   FOURVIÈREsous le ciel de juin. À mi-hauteur, surplombant la rue, et, plus que la rue, la ville même, les bâtiments des Lazaristes, où Patrice Giorda a fait ses études. On les identifie sans peine au premier plan de ses tableaux, de ses lavis. Ils forment, selon le peintre, une « ville dans la ville », la scène et le théâtre où, affluant entre les masses immobiles, déplaçant les ombres, la lumière convoque l’heure présente. On est monté jusqu’à cette scène par degrés, on en a établi pour soi-même l’ordonnancement, repéré les praticables. L’espace y...

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    • LA DÉSHUMANISATION DE L’ART. JOSÉ ORTEGA Y GASSET

      CONFÉRENCE, N° 5, automne 1997. JOSÉ ORTEGA Y GASSET.   À l’époque deLa déshumanisation de l’art, Ortega y Gasset occupe la chaire de métaphysique à l’Université de Madrid ; nous sommes en 1925. Il quittera son enseignement en 1936, lorsque la guerre civile éclatera, le contraignant à un exil de dix ans passé en France, en Argentine et au Portugal. Revenu en Espagne, ses positions antifranquistes le priveront du contact direct, ou du moins officiel, avec auditeurs et étudiants, dont la trace vivante se perçoit dans ses livres et le mode d’exposition qui les caractérise. Il meurt à Madrid en...

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    • LA PERFECTION, LE CHEMIN, L’ORIGINE. JEAN STAROBINSKI

      CONFÉRENCE, N° 5, automne 1997. JEAN STAROBINSKI.     I. De la perfection. Toute œuvre est en chemin vers l’Œuvre. Telle fut la pensée qui longtemps accompagna les poètes et les artistes. Le désir de parfaire, d’accomplir, fut inséparable du souci d’attester un savoir et un pouvoir. La perfection, c’était ce qu’ils ne possédaient pas, mais qu’ils avaient charge d’atteindre et d’ajouter au monde. Pour quelques-uns, c’était ce qui rendait plus complète la beauté du monde. Ils n’avaient pas le droit d’être satisfaits avant d’y être parvenus. Ils voulaient être insurpassables, ou rien. Cette pensée s’est perpétuée sous...

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