LE TEMPS DE LA MATURATION PSYCHIQUE CHEZ L’ENFANT

 

JE commencerai mon intervention en associant très librement sur ce qui vient d’être dit sur la disparition de nos mères, en ce qui concerne le temps. Après la mort de ma mère, décédée voici trois ans et demi, je me suis fait une réflexion : désormais, j’allais devoir « prendre mon temps », parce que j’allais être la prochaine au bord du gouffre. Donc, le temps, comme l’a dit Aldo Naouri, a évidemment affaire avec la mort.

Quand j’étais jeune, j’ai fait mes études en Suisse, et il était tout à fait banal et classique de faire du latin. Nous avions des trousses pour ranger les crayons et les plumes — maintenant nos enfants ont des ordinateurs à l’école. Au cours de latin, j’avais écrit sur ma trousse ce vers de Virgile qui m’avait fascinée : « Omnia fert aetas ». Le professeur de latin — qui était tout à fait merveilleux — nous avait expliqué que cela voulait dire « le temps apporte tout », mais qu’il y avait une ambiguïté dans cette locution : étant donné la manière dont le latin s’écrit, cela pouvait aussi bien vouloir dire « Omnia aufert aetas », c’est-à-dire « le temps emporte tout ». Je pense que toute la question du temps est dans cette ambiguïté.